lundi 15 avril 2013

L'univers infernal du bouddhisme himalayen


Détail du Dharmapala Mahakala

L’une des composantes essentielles du bouddhisme tibétain est le tantrisme.

Le tantrisme prône une voie opératoire, un yoga de la puissance et de l’énergie fondé sur la manipulation de forces, de déités, de génies ainsi qu’une utilisation transcendantale de la sexualité.

En entrant dans la voie tantrique, vous êtes sûr de vous diriger vers l’état de Bouddha ou vers Avici, le pire des enfers.

Dans le tantrisme, la puissance du mental au lieu d’être utilisée à des fins de possession est subtilement détournée au profit de la connaissance intérieure. Le moine tantrique est un véritable alchimiste qui utilise ses désirs, ses émotions et ses conditionnements pour les transmuter en énergie.

Il faut savoir que bouddhisme tibétain a intégré beaucoup de pratiques chamaniques qui existaient au Tibet bien avant l’arrivée du Bouddhisme. Il existe d’ailleurs, encore de nos jours au Tibet une secte appelée les bonnets noirs ou Bon Po qui pratique la magie et la visualisation de déités combinées avec une forme dégradée de Bouddhisme.

Des moines tibétains sont ainsi enfermés avec leur consentement dans des cellules spéciales pendant plusieurs années. Certains se feraient même emmurer volontairement dans des cavernes de l’Himalaya afin de pouvoir se consacrer entièrement à la méditation et à ce qu’ils appellent, la découverte de leur nature profonde.

Durant cette réclusion volontaire, le moine se livre alors à des exercices de visualisation de déité avec laquelle il identifie ses passions et ses énergies intérieures.
Des déités appelées en tibétain yidam ou dakini pour la version féminine de la déité.

Ces visualisations de déités sont des supports de méditation exceptionnels permettant tous les transferts

Ces déités prennent forme grâce au pouvoir créatif de la pensée après plusieurs mois de visualisations.
Ces déités alors, s’animent et deviennent étrangement vivantes. Elles proviennent de l’imagination du moine qui les vivifie dans un premier temps pour ensuite les détruire afin de saisir la vacuité constitutive de toute représentation mentale.
Certains moines s’uniraient même psychiquement avec la déité avant de la faire disparaître !

Ces yidams revêtent souvent des parures effrayantes, ils apparaissent environnés d’un halo lumineux. Ils sont ambivalents et selon la personnalité du pratiquant, ils peuvent prendre un aspect paisible ou terrible.
La visualisation d’un yidam terrible signifie une déité irritée et cela devrait provoquer une introspection intérieure et un saut dans la sagesse !

Malgré les pouvoirs extraordinaires (appelés siddhis) que peuvent apporter la manipulation de ces déités, il ne faut jamais plaisanter avec, car vous jouez alors avec votre santé et votre vie.
En effet, le yidam une fois vivifié fait alors partie intégrante de l’intimité du pratiquant, mais parfois sa compagnie peut devenir envahissante voire aliénante, elle risque alors d’envahir le psychisme du retraitant et de le posséder complètement. 

Finalement la déité est détruite et se résorbe dans un point unique qui finit par disparaître. Cette expérience peut durer des heures, des jours et même des mois.

Dharmapalas et mandalas

Les dharmapalas, sont des déités en principe bénéfiques censées protéger le dharma* et ses pratiquants.

* Dharma mot global, signifiant l'enseignement du bouddha

Ils sont généralement représentés sous une forme menaçante (visage coléreux, crocs découverts, aura de flammes, cheveux hérissés, membres multiples, ornements macabres, crânes humains ou serpent servant de collier, armes aux mains).

Leur rôle est particulièrement important dans le bouddhisme tibétain où ils sont appelés drag-gshed, de drag-po (coléreux ou cruel) et gshed-ma (démons infernaux, bourreaux).

La plupart des monastères ont leur propre dharmapāla qui, outre son rôle de protecteur, encourage souvent le chauvinisme et les rivalités monastiques.

Les dharmapalas sont utilisés lors de méditations rituelles (sadhanas)  tenues secrètes. Durant ces rituels ils sont visualisés tuant et dévorant la chair de leurs victimes, buvant leur sang ou fracassant leurs os. Ils sont censés représenter la destruction des obstacles internes (avidité, colère) ou externes pour la poursuite de la réalisation spirituelle.

Mandala est un mot sanskrit signifiant cercle. C'est un dessin de déités qui sert de support de méditation aux pratiquants du bouddhisme.
Il peut aussi servir d'offrande du disciple à son maitre comme signe de reconnaissance.

Et là, réside le problème de certaines longues retraites de 3 ans, 3 mois et 3 jours pratiquées dans les monastères tibétains et destinées à former des lamas.

Des retraites qui impliquent l'isolement total du postulant avec le monde extérieur et qui comportent des milliers de prosternations rituelles, des récitations interminables de prières et de mantras, des visualisations de déités, de dharmapalas et de mandalas qui peuvent conduire à la dépendance ou pire, à la possession et la folie si elles ne sont pas encadrées par un maitre très compétent et désintéressé.

Des cas de suicides à l'intérieur des monastères sont régulièrement signalés (et vite étouffés !), tout comme des hospitalisations de très longue durée dans des asiles psychiatriques pour certains pratiquants trop fragiles et mal encadrés.

Nombreux sont les moines devenus des marionnettes de déités du panthéon bouddhiste tibétain.

Avant de fréquenter les monastères tibétains, on devrait savoir que la pratique courante de l'oracle (dont le plus connu est l'oracle de Nechung) est une possession par un esprit ou une prétendue déité.
Après des années de retraites collectives, de répétitions de rituels et de mantras, les adeptes les plus offerts à leur prédilection du tantra deviennent des automates, vides, et de plus en plus sans âme, sous la houlette d’un monde invisible d'entités dont certaines sont proprement démoniaques.
Peu à peu, ces "chercheurs existentiels" se laissent piloter et instrumentaliser par des activités subtiles régissant leurs désirs au prétexte de les satisfaire.
Ils se font alors prélever le meilleur de leur esprit, de leur conscience et de leur énergie vitale subtile.

Conclusion : Si vous désirez entreprendre une telle retraite, choisissez avec soin le maitre (votre directeur spirituel) avec lequel vous ne ferez plus qu'un : )

A voir par curiosité :

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